illustration article classe virtuelle et RGPD avec 2 personnes devant un écran de PC

Classes virtuelles et RGPD : de coupables relations

Cette assertion peut paraitre excessive. Cependant, après les 2 années passées par beaucoup à dispenser leurs cours en visioconférences (faisant la fortune d’éditeurs dont les solutions étaient jusque là réservées à quelques happy few) nombreux sont les organismes de formation ou les établissements d’enseignement qui ont fourni un réel effort de pédagogie pour intégrer l’usage d’outils de classes virtuelles dans une pédagogie devenue mature et efficace.

Le choix d’un outil performant

A cette fin, il leur a fallut se pencher sur les choix stratégiques à faire en matière d’outils. Car, si une simple application de visioconférence permet à un formateur/enseignant de se « projeter » sur l’écran de son auditoire, animer une « vraie » classe virtuelle requiert beaucoup plus que cela. En effet, une pédagogie adaptée nécessite un outil performant capable de répondre à tous les besoins :

illustration de personnes qui votent, likent en classe virtuelle
  • Tableau blanc partagé
  • Outil de vote et de sondage synchrone
  • Partage en sous-groupes
  • Suivi des temps passés en formation
  • Enregistrement et préservation des enregistrements
  • Conformité au RGPD

2 points de vigilance

Du point de vue du discours commercial, tous les éditeurs garantissent ces usages. Mais qu’en est-il en vérité ?

2 points cruciaux sont à contrôler :

  • RGPD et conservation des données
  • Réelle disponibilité des outils pédagogiques, enregistrement de vos activités pédagogiques et sécurité des postes utilisateurs

RGPD

Beaucoup ont choisi des solutions simples et rapides à déployer auprès de leurs apprenants, privilégiant des solutions gratuites ou des solutions pour lesquelles seul le formateur a souscrit une licence.

RGPD dans les étoiles du drapeau européen et tampon "confirme"

De ce point de vue, si la facilité technique et le faible coût rendent ces solutions attractives, elles contreviennent à de très nombreuses règles. Les noms de vos participants, leur adresse IP, leur mail y sont stockés sans qu’ils aient le moindre accès à leurs données, ceci transgressant la plus élémentaire règle du RGPD.

Certains voudraient se décharger de cette responsabilité sur les éditeurs qui proposent ces solutions. Or, faute de conditions claires proposées à leurs participants (associées à des relations contractuelles pour le moins biaisées avec l’éditeur) de nombreux organismes de formation ou établissements d’enseignement se rendent coupables, par facilité, de maints manquements à leur responsabilité en matière de RGPD.

De surcroît, un nombre considérable de ces outils incitent les participants à télécharger depuis internet des addons ou des applicatifs non sollicités sur leur poste personnel. Ils ouvrent ainsi un canal entre leur navigateur et leur poste fixe dont nul ne peut garantir l’innocuité.

Disponibilité des outils

illustration d'un formateur et de classe virtuelle

Disons le tout de go, si nous voulons garantir sécurité et disponibilité des activités pédagogiques, il faut s’assurer que celles-ci soient disponibles dans une interface exclusivement HTML5 qui ne requiert pas d’installation sur le poste des utilisateurs.

La disponibilité des replays est devenue un élément essentiel aux dispositifs pédagogiques. Beaucoup de solutions ne permettent pas cela, ou ne le permettent que durant une durée limitée, et trop souvent de façon publique, accessible à tous.

Les bonnes questions à se poser

Si l’urgence et la facilité ont conduit à des choix parfois discutables, le retour à une situation « normale » doit vous amener à vous poser les bonnes questions.

illustration d'une personne signant un contrat clair et explicite par rapport au RGPD
  • Est-ce que je dispose d’un contrat de licence clair, explicite, qui garantit la sécurité des données de mes apprenants ?
  • Est-ce que la solution choisie n’impose pas, ou ne pousse pas fortement, à installer sur le poste de mes « formés » un addon, ou un logiciel, pour lequel je n’ai pas de contrat de licence explicite ?
  • Est-ce que je suis sûr que les enregistrements des classes virtuelles sont stockés sur des serveurs sécurisés dont l’accès est protégé, garantissant les données et le droit à l’image de mes participants ?

De nombreuses solution existent. Des solutions open source que vous hébergez sur des serveurs de votre choix, dans un environnement sécurisé selon vos normes. Des éditeurs avec un contrat de licence clair qui vous permet de proposer des conditions transparentes à vos utilisateurs. Mais vous ne pouvez feindre d’ignorer que si vous ne pouvez répondre « oui » à toutes ces questions, vous vous rendez complice d’une relation coupable dans laquelle vous abandonnez données et sécurité de vos apprenants au profit d’une économie que certains pourront trouver contestable.